HAITI – KEEP FIGHTING

La communauté Haïtienne vivant en République Dominicaine vit actuellement une crise politique dévastatrice. La question de l’identité est soulevée par le gouvernement dominicain qui remet en cause toute la définition de la nationalité dominicaine.

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Historiquement, la République Dominicaine a été un pays d’accueil pour les travailleurs étrangers. À partir de la seconde moitié du 19e siècle, des travailleurs venus d’Haïti sont recrutés pour travailler dans les plantations de canne à sucre. L’immigration de travailleurs haïtiens a été activement encouragée durant l’occupation américaine de la République Dominicaine (1916-24), en raison de l’expansion de l’industrie du sucre sous la présence américaine. Alors naturellement, ces travailleurs ont construit leur vie sur le sol dominicains, donnant naissance à plusieurs générations d’enfants fréquentant des écoles dominicaines où seul l’espagnol est enseigné.

En 2013, le gouvernement dominicain a décidé de mettre un visage sur le racisme latent qui imprègne l’air du pays. Il a retiré aux enfants d’immigrés haïtiens leur citoyenneté dominicaine, et ce, de façon rétroactive en remontant jusqu’à 1930. En d’autres termes, toute personne née de parents Haïtiens sur le sol de la République Dominicaine entre 1930 et 2013 verra supprimer tous ses droits et devoirs dont il jouissait jusqu’alors. A partir de cette annonce, les dominicains qui jusque-là avaient réprimé leur haine ont entamé une vaste barbarie que les médias occidentaux prennent bien soin d’éluder. Ni le Canada, ni les Etats-Unis, ni la France, ni l’ONU ne semblent s’inquiéter de cette affaire. Lors de la catastrophe de 2010, la communauté internationale découvrait qu’il existait un État qui partageait un bout d’île avec la République Dominicaine ; jouissant d’une meilleure réputation touristique.

Sur quels critères se basent les autorités dominicaines pour décider qu’une personne est éligible à l’expulsion ? Personne ne le sait vraiment. Face à la levée des groupes militant pour la suppression de cette loi, le gouvernement a donc décidé d’en modifier certains articles. Un Plan national de régularisation des étrangers a été ouvert et les étrangers vivant en situation irrégulière avaient jusqu’au 17 juin pour se signaler auprès des autorités.

Cette expulsion de masse aggrave la situation sanitaire en Haïti. Dans l’urgence, des refuges d’accueil ont été improvisés ça et là, dans des écoles, sous des tentes ; pour accueillir les expulsés. Ils n’ont pas d’eau courante, manquent de nourriture et se retrouvent séparés de leur famille.

Chaque jour depuis le 17 juin 2015, des dizaines de personnes sont déposées par l’armée à la frontière avec Haïti, parfois au milieu de la nuit. Ces personnes, en majorité des femmes et des enfants, voient leurs droits bafoués et se retrouvent livrées à elles-mêmes.

ICI CANADA (Vidéo) 2.51 min

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