Ma rencontre avec Gisèle Pineau à Marie Galante

Enfant, j’eus le plaisir de lire Chair Piment un roman de Gisèle Pineau qui me plongea dans l’adolescence d’une façon aussi violente que délectable ; et pour cause. Dès les premières phrases, les ébats sexuels de Mina avaient provoqué chez moi une érection jamais provoquée par la lecture. « Elle s’ouvrait. Se cabrait. Se laissait tourner et retourner, pénétrer… En redemandait. Voulait les sentir, durs, en elle… Ils entraient, gratis, tâtaient sa chair, goûtaient sa peau. Fallait qu’elle soit prise. Possédée. Traversée, sans paroles, par des sexes d’hommes. »

Je découvris l’érotisme en l’ayant lu avant de l’avoir vu sur les écrans de télévision. Outre cette découverte, l’histoire folle de cette jeune antillaise qui tentait désespérément d’échapper à ses démons me passionna au point que j’en effectuai des recherches sur les quartiers, les personnages, les familles, contés dans ce roman ; en vain.

Ma rencontre avec Gisèle Pineau à Marie Galante fut l’une des plus inspirantes de ma vie. De la fierté de cette rencontre risque d’émaner un récit empreint d’une vantardise involontaire. Rencontrer Gisèle Pineau dans une bibliothèque n’a pas le même goût que de s’asseoir chez elle autour d’un ti-punch. Lui poser les questions que je veux, sans filtre et de découvrir que Chair Piment est bel et bien une fiction.

Loran Sully : « Mais comment une telle inspiration sort de votre corps ?

Gisèle Pineau : Ce n’est pas de l’inspiration, c’est une sorte d’expiration. Ça sort de mon corps je l’expulse avec une telle force que je me vide de mon énergie. Après une séance d’écriture je suis exténuée comme si j’avais couru un marathon. C’est une vraie purgation. »

Je m’émerveille dans son jardin botanique et comprends qu’elle est vraiment Artiste. Quand elle parle de ses romans elle rentre dans un état différent perchée, impalpable, yeux ronds, une gestuelle aérienne, on la croirait habitée un peu comme une Lady Gaga ou un Freddy Mercury en interview.

Gisèle Pineau : « Quand j’écris je m’enferme et j’écoute du bluueezz (blues) à fond dans toute la maison et je rentre en transe.

Loran Sully : Gisèle, merci pour ces pages romancées, ces rêves et ce réconfort que j’ai trouvé entre vos lignes quand je me sentais si loin de mes racines. »

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