Kim, Kalash, Stony – Musique business

KIM

keros-n-i-enme-awtis-may-20122012060104541

Qu’on se le dise ; quelqu’un qui verrait le chanteur Keron-N dans le métro entre 23 heures et minuit ne se sentirait vraisemblablement pas en sécurité ! Photo ci-dessus

Alors imaginez le pire : Keros-N, Nicy, Pompis, Kalash (je tremble rien qu’aux noms) en groupe dans un transport en commun après minuit, honnêtement si je ne les connaissais pas, je viderais mes poches avant même avoir croisé leur regard : « Non, peace les gars je vous donne tout, mon argent, mes fringues, même mon kébab » ; ou alors je courrais prendre un Van uber. Parce qu’entre nous, leur visage et le style Dancehall conjugués font quand même bien peur au Parisien lambda. #préjugés

KALASH

KALASH

Il y a une phrase que je lève en étendard : « L’habit ne fait pas le moine » ; car le Parisien lambda est loin de se douter que si ces jeunes aux airs à la fois nonchalants et effrayants conjuguaient leur compte en banque, ils auraient peut-être les moyens de racheter la RATP …… ou deux rames de métro ; toute proportion gardée. Alors si vous les croisez, dites-vous bien que Keros-N, Nicy, Pompis, Kalash sont plus des jeunes hommes d’affaires que des jeunes buveurs de rhum.

Nicy

NICY

Alors, la Dancehall, le Zouk, la Kizomba, comment des artistes rayonnant à si petite échelle ont réussi à monétiser ces genres musicaux ?

Je m’installe en business-class d’un vol PTP – ORY, mon voisin de siège arrive et s’installe. Surprise ! Il s’agit de Keros-N. Quelques jours plus tard la chanteuse Stony exhibent ses Louboutins sur facebook. Maiq le zouk, la dancehall, ça rapporte jusqu’à quel point ? Je décide de mener une enquête plus digne d’un curieux assumé que d’un détective reconnu. Mon enquête est semée d’embûches tant « les revenus des chanteurs est un sujet tabou » me dit le gérant d’une grosse boîte de nuit. Selon mes sources, les chanteurs de Zouk percevraient entre 500 euros et 1500 euros par prestation. La rémunération est évaluée à la notoriété qui est elle-même mesurée au rapport nombre de morceaux / de vues sur Youtube / d’abonnés sur les réseaux sociaux et variant également selon le budget de la boite de nuit ou de la soirée ; toutes n’ayant pas le même succès.

Alors en sachant que Youtube rémunère les auteurs de vidéos pour la publicité en moyenne 1 euro pour 1000 vues. Un chanteur de Zouk dont le clip cumulerait  1 598 554 vues, pourrait percevoir 1599 euros uniquement grâce à la publicité. Un revenu qui sera évidemment multiplié aux revenus constitués par les prestations en boite de nuit. Ce que j’apprends d’autant plus par ce gérant, c’est que les chanteurs perçoivent le plus souvent leur rémunération en liquide ; ce qui leur donne le choix évidemment de déclarer ce qu’ils veulent au fisc.

Teeyah, Layanah, Kim, Stony, Fanny J trônent en tête des chanteuses de Zouk les mieux payées.

STONY - de son regard conquérant

STONY – de son regard conquérant

Un business qui s’exporte

On n’est plus dans l’air du Zouk Antillo-antillais. Le zouk s’exporte et se vend à l’étranger. Son style a changé entre Kassav et Stony, et son modèle économique a évolué. Ces artistes ont compris que la musique Zouk et Dancehall s’exportait et pouvait être génératrice de gros profits. Ils ont adapté leur activité à un marché du disque en pleine crise. Terminé les albums délivrés d’un coup franc. Lorenz prépare un single et le balance juste avant l’été pour apprécier la réception du morceau par son public , pour ensuite rentabiliser un maximum avec les prestations scénique. Son dernier coup de poker le voilà. Seulement 16283 vues en 5 jours, mais il lui reste trois mois avant l’été.

Dans la DanceHall, Admiral T et Krys sont indétrônables entre leur musique, marque de vêtements pour le premier et la maison de production Step Out production pour le second, ils se positionnent devant Kalash, Pompis et les autres.

Le Continent Africain est une mine d’or pour ces chanteurs qui se rendent régulièrement sur les terres de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, des Comores mais aussi dans l’Océan Indien ; à l’Île Maurice et à l’Île de la Réunion. En se déplaçant aussi souvent en Afrique de l’Ouest, un billet d’avion coûtant entre 450 et 900 euros par personne et les artistes se déplaçant toujours avec leur équipe, je vous laisse imaginer leur rentabilité.

Ils exhibent leurs sorties en limousine, leurs Louboutin, leurs bouteilles de Roderer, ils ont rejoint l’establishment bling-bling et vulgaire des parvenus du monde de la nuit ; mais ils ont tout compris. Alors ils sont de plus en plus à se lancer en quête de public, de centimes publicitaires et de reconnaissance. La chaîne MFM TV est celle qui les connaît le mieux.

Alors, businessmen ou artistes, on pourrait dire en effet que les chanteurs ont vendu leur âme à l’argent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *